Le point commun : un intermédiaire sur le trajet
Sans intermédiaire, votre appareil contacte directement le serveur du site. Ce serveur voit l'adresse IP publique que votre fournisseur d'accès vous a attribuée, ce qui suffit à situer approximativement votre connexion. Votre fournisseur d'accès, lui, voit à quels serveurs vous vous connectez, à quelle heure et pour quel volume. Un VPN comme un proxy coupent ce trajet en deux : vous parlez à l'intermédiaire, l'intermédiaire parle au site, et le site ne connaît que l'adresse de l'intermédiaire.
Cette promesse ne coûte pas forcément cher. Pour un usage courant, rien n'interdit d'utiliser un Vpn pas cher, à condition de vérifier trois points que le prix ne dit pas : la politique de journalisation, la juridiction de l'éditeur et l'existence d'un audit indépendant. À l'inverse, un proxy gratuit de liste publique n'offre aucune de ces garanties : on ignore qui l'exploite et ce qu'il conserve.
Ce qui les sépare : la couche où ils travaillent
Un VPN travaille au niveau du réseau : il crée une interface réseau virtuelle par laquelle le système fait passer tout le trafic de l'appareil. Ce trafic est chiffré entre l'appareil et le serveur VPN. Un proxy travaille au niveau de l'application : seul le logiciel configuré pour l'utiliser, souvent le navigateur, lui confie ses requêtes. Le chiffrement n'y est pas inhérent : un proxy HTTP ou SOCKS5 relaie le trafic tel quel, et seul le HTTPS du site protège alors le contenu.
Pour départager les meilleurs vpn, ce sont donc ces critères techniques qui comptent, protocole, protection contre les fuites et audit indépendant, bien plus que le nombre de pays affichés. Un VPN qui laisse passer vos requêtes DNS hors du tunnel annule une bonne partie de son intérêt, quelle que soit la vitesse annoncée. Même logique pour le kill switch, cette fonction qui coupe la connexion si le tunnel tombe : sans lui, une simple coupure du Wi-Fi suffit à renvoyer votre trafic en clair pendant quelques secondes, le temps que le tunnel se rétablisse. Un audit, enfin, ne vaut que pour la période et le périmètre qu'il couvre. Le détail de ces fuites, et la façon de les tester, fait l'objet d'un dossier sur les fuites DNS, WebRTC et IPv6.
Ces questions ne dépendent ni du pays ni de la langue de l'utilisateur. Un lecteur hispanophone qui se demande « Cuál es la mejor VPN » doit trancher les mêmes points, dans le même ordre, avant de regarder les prix. Ce qui change d'un pays à l'autre, c'est le cadre légal et l'offre locale de serveurs, pas la mécanique du tunnel.
Qui voit quoi, avec ou sans intermédiaire
Le plus simple, pour comprendre ce que l'on gagne, est de dresser la liste de ceux qui observent le trafic et de ce que chacun en apprend. Le tableau suppose une navigation en HTTPS, ce qui est aujourd'hui le cas de l'immense majorité des pages web.
| Observateur | Sans intermédiaire | Avec un proxy (navigateur) | Avec un VPN |
|---|---|---|---|
| Fournisseur d'accès | Serveurs contactés, noms de domaine dans la plupart des cas, horaires, volumes | L'adresse du proxy pour le navigateur ; le reste de l'appareil, comme avant | Une connexion chiffrée vers le serveur VPN, ses horaires et son volume |
| Réseau local (Wi-Fi public, entreprise) | Comme le fournisseur d'accès, plus tout trafic non chiffré | Dépend du chiffrement entre vous et le proxy | Une connexion chiffrée vers le serveur VPN |
| L'intermédiaire | Aucun | Votre IP, les sites demandés par le navigateur, le contenu s'il n'est pas en HTTPS | Votre IP, tous les serveurs contactés par l'appareil, le contenu s'il n'est pas chiffré |
| Le site visité | Votre IP, vos cookies, l'empreinte de votre navigateur | L'IP du proxy (sauf proxy transparent), vos cookies, votre empreinte | L'IP du serveur VPN, vos cookies, votre empreinte |
Deux lignes méritent qu'on s'y arrête. La troisième montre qu'un intermédiaire ne supprime pas l'observation : il la déplace. Ce que votre fournisseur d'accès ne voit plus, le serveur VPN ou le proxy le voit à sa place. Choisir un intermédiaire revient donc à choisir à qui l'on fait confiance. La dernière ligne rappelle que le site reconnaît toujours un compte connecté, des cookies ou une empreinte de navigateur : changer d'adresse IP ne rend personne anonyme.